L'évangélisme, ou protestantisme évangélique, est aujourd'hui le courant dominant du protestantisme en terme quantitatif. Il en représente son orientation « conservatrice ». Il arrive fréquemment que l'on s'y réfère par d'autres noms, comme christianisme évangélique. Cet ensemble réunit des confessions du christianisme dans diverses Églises protestantes qui ont essentiellement en commun l'importance cruciale qu'elles accordent primo à la conversion personnelle, relevant d'un choix personnel, suite à l'expérience religieuse (la rencontre avec le Christ) et impliquant un changement radical de vie (« s'engager pour Jésus »), et secundo à une relation individuelle avec Dieu s'articulant très fortement autour de la lecture – généralement normative – de la Bible.
Le terme « évangélique », au départ simple adjectif découlant du terme « Évangile » (voyez la page d'homonymie), a été périodiquement appliqué à des groupes chrétiens, essentiellement protestants dès la Réforme, afin d'identifier ces groupes comme se voulant « évangéliques » (evangelisch) en les différenciant d'autres qui, du point de vue de ces premiers, le seraient un peu moins.
À partir de la fin du XVIIIe siècle, ce terme (evangelical) commença à être utilisé dans le monde anglo-saxon pour désigner des groupements, internes au protestantisme cette fois, qui se distinguaient principalement tour à tour par leur piété, leur attachement à un réveil religieux ou à l'orthodoxie. C'est ce sens anglo-saxon qui s'est imposé en francophonie dans la seconde moité du XXe siècle (en France, vers la fin des années 1960). Le terme « évangélisme » désigne précisément cette tendance.
Aujourd'hui, le terme désigne de façon générique tous les groupes au sein des confessions protestantes (luthéranisme, presbytérianisme, anglicanisme, calvinisme, etc., et même, à la limite, certains catholiques) qui donnent une place importante ou prépondérante à la conversion personnelle, à la lecture de la Bible, et à l'engagement militant[1]. D'autres groupes peuvent se rapprocher théologiquement ou sociologiquement (c'est le cas de certains catholiques) de cette tendance sans pour autant être évangéliques au sens strict.
D'un point de vue socio-historique, il apparaît que l'évangélisme peut être également défini par deux critères principaux : le revivalisme (qui englobe les conceptions sur l'importance de la conversion individuelle en tant qu'appropriation personnelle du salut) et la prétention à l'orthodoxie (autorité de la Bible et de sa pleine inspiration et défense subséquente des « vérités chrétiennes »).[2]